Ne nous illusionnons pas : on n'en finira pas avec les drogues ! Les unes disparaissent quand d'autres apparaissent ou réapparaissent. Alors, mieux vaut les connaître qu'en avoir peur, ne pas faire l'autruche avec nos enfants et savoir les aider quand il le faut. Pharmacologues, médecins, sociologues, politiques font régulièrement le point sur ce phénomène de société. Tamaloo vous propose un dossier complet sur ce thème.
Dossier réalisé avec le soutien de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie).
Edito : Remède et poison
L'évolution de la consommation de drogues chez les jeunes
Par le Dr Bertrand Lebeau
Parents : que faire ?
Comment protéger ses enfants de la drogue... Par le Dr Jean-François Solal.
La prise en charge des consommateurs de drogues
Par le Dr Jean-Marie Habar
L'enjeu aujourd'hui : mieux connaître les produits et les modes d'usage
Interview de Nicole Maestracci, présidente de la MILDT. Par le Dr Jean-François Solal.
Comment aborder les problèmes de drogue au lycée ?
Interview du proviseur adjoint d'un lycée parisien. Par Mickaëlle Bensoussan.
Les drogues et leurs effets
Des stimulants aux hallucinogènes, tour d'horizon des principales drogues.
Edito : Remède et poison
DROGUE ! Le mot terrifie les parents d'adolescents. Dans les enquêtes d'opinion, la drogue a toujours été une des premières préoccupations des Français. L'ennemi est sournois, il se déploierait dans le silence des relations parents-enfants, rongerait le lien familial, pervertirait les réunions d'adolescents, à l'école, dans les fêtes...
Il est temps de tordre le cou à ces lieux communs. Mais comment aborder la question sans se discréditer, sans être ridicule ? Les parents ont le sentiment, souvent juste, que leurs enfants en savent plus qu'eux. Quel parent ne les a pas vu prendre cet air compatissant, légèrement méprisant qui nous exaspère : "Mais voyons, papa, ne t'inquiète pas, fais-moi confiance, tout le monde sait aujourd'hui que..." Que le cannabis est moins dangereux que le tabac ; que l'alcool, on n'en prend que le samedi soir, et d'ailleurs pas moi ; que je n'ai jamais goûté à ces saloperies qui circulent dans certaines "teufs" (fêtes) mais pas celles que je fréquente. Faut-il prendre tout cela pour argent comptant ? Non, bien sûr, mais la plupart de ces prises de produits resteront des expérimentations sans lendemain.
Faire confiance, soit, mais surtout ne pas être sourd et aveugle : entre confiance et méfiance, il y a tout l'exercice difficile de la responsabilité parentale. Il faut connaître toute l'ambiguïté de la prise de drogues. D'abord savoir que drogue, est un synonyme de médicament, la potion amère que l'on donne pour soulager la souffrance, guérir la maladie. Ne jouons pas sur les mots, me direz-vous, l'une est un poison, l'autre un remède ! Pourtant, vous savez bien que parfois, le remède se transforme en poison : quand on dépasse les doses prescrites, quand on fait une tentative de suicide médicamenteuse. Inversement, le poison, ce produit qui modifie les états de conscience, ce "stupéfiant" dont la loi proscrit l'usage, est parfois utilisé comme un médicament que le jeune s'autoprescrirait. Un "produit-carapace" qui permet à un adolescent en difficulté de se protéger illusoirement des trop fortes contraintes dont il est l'objet. Contraintes internes parce que le jeune, ni adulte, ni enfant, n'arrive pas à concilier son corps de jeune adulte et son affectivité d'enfant. Contraintes externes parce que la société lui demande trop rapidement à son goût de renoncer à une partie de lui-même.
A vous de faire maintenant la part entre une consommation qui révèle un malaise et justifie donc votre inquiétude, et une recherche de plaisir hédonique qui accompagne légitimement les conquêtes adolescentes.
Epsylon
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire